Qui suis-je ?


Véronique DarmangeatAujourd’hui, je suis consultante en lactation. Lorsque j’annonce mon métier, la plupart des gens soit ne comprend pas, soit lève un sourcil perplexe.

Je vous propose donc un voyage vers le passé : comment en suis-je venue à exercer ce métier ?

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Une enfance sous le signe de la musique

Pendant mon enfance et mon adolescence, j’ai joué du violoncelle (beaucoup) et tout naturellement s’est posée pour moi la question d’en faire ou non mon métier. Après avoir obtenu mon baccalauréat, j’ai commencé des études d’histoire tout en poursuivant les études au conservatoire. Au bout de la première année, je me suis offert une pause d’un an à la fac pour faire du violoncelle de manière intensive et décider si j’en faisais ou pas réellement mon métier. En fait, je n’ai pas vraiment décidé… J’ai continué à donner des cours de violoncelle et j’ai repris mes études d’histoire tout en faisant également des concerts.

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La naissance de mes enfants m’a permis de me construire

Quand j’ai obtenu ma licence d’histoire, j’attendais mon premier enfant et j’ai continué à tout mener de front. J’ai allaité ma fille avec bonheur après des débuts très difficiles et douloureux. J’étais jeune et je ne connaissais rien à l’allaitement.

La vie m’a imposé une pause lors de ma deuxième grossesse : j’ai du rester alitée trois mois, puis mon fils a été gravement malade pendant un an. Terminé la musique et les études.

Lorsqu’il est allé mieux, mon fils avait 18 mois, ma fille 3 ans, j’avais 25 ans, plus du tout envie de reprendre le cours de mes études ni la musique. Ma vie avait été bouleversée et j’ai cherché ce qui me plaisait.
En attendant, j’ai décidé de m’investir dans une association de soutien à l’allaitement maternel. En effet, lorsque mon fils était malade, l’allaitement a tenu une place très importante dans notre parcours : à la fois réconfort, seul moyen de le nourrir, utilité thérapeutique. C’est grâce à une association de soutien que j’ai pu poursuivre son allaitement dans les meilleures conditions. J’ai décidé de partager moi aussi ce que j’avais reçu.

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Le coup de foudre

Et j’ai découvert là un domaine qui m’a passionnée, d’abord par son côté scientifique (comment fonctionne la lactation humaine, la biochimie du lait maternel…). Une amie a alors passé son diplôme de consultante en lactation et je me suis dit : « C’est ça que je veux faire ! ». J’étais sûre de moi, j’avais trouvé ma voie et je voulais absolument m’installer en libéral pour proposer des consultations aux familles. A l’époque cela n’existait pas du tout en France, il fallait tout inventer.

J’ai donc repris des études, j’ai travaillé très dur pour obtenir ce diplôme très exigeant. Je l’ai obtenu en 2005, j’avais 29 ans. Quand je parlais de mon projet, le seul à y croire était mon mari, tous les autres me disaient que ça ne marcherait jamais. Moi j’y croyais et je me suis donné les moyens d’y arriver. Je n’ai pas compté mes heures de travail ni mon investissement.

J’ai commencé les consultations et j’ai eu une véritable révélation : ce qui me plaisait par dessus tout, ce n’était plus la technique (qui me plait toujours, je vous rassure) mais surtout la relation que je créais avec mes clientes et la possibilité de leur offrir un véritable espace d’écoute et de choix. J’ai su tout de suite que je ne m’étais pas trompée, j’avais trouvé ce qui me plaisait.

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Le développement de mon activité autour des consultations

J’ai donc d’abord développé mes consultations.
Une question revenait très souvent de la part de mes clientes : la conciliation allaitement et travail. Je me suis dit qu’il y avait vraiment quelque-chose à faire du côté des entreprises pour permettre aux femmes de poursuivre leur allaitement à la reprise du travail. J’ai décidé de développer un programme pour les entreprises pour les aider à soutenir leurs salariées dans ce domaine. J’en ai parlé à une amie (la même qui m’avait donné envie de passer mon diplôme de consultante en lactation) qui m’a dit qu’elle avait eu exactement la même idée. Je me suis dit qu’il était plus intelligent d’allier nos forces et nos compétences et nous nous sommes associées dans ce projet. Le cabinet conseil Lactissima est né.

Très vite nous nous sommes aperçues que les entreprises n’avaient aucune idée d’un tel besoin chez leurs salariées et nous avons voulu leur montrer que les femmes étaient en demande. Pour cela, nous avons créé le blog A tire d’Ailes. Au bout d’un an, mon amie et associée a décidé d’arrêter l’aventure de Lactissima et j’ai poursuivi seule Lactissima et A tire d’Ailes.

Parallèlement j’ai commencé à faire de la formation pour le compte du CREFAM qui forme les futurs consultants en lactation et propose de la formation continue pour les consultants en lactation et les professionnels de santé.
Puis j’ai formé des équipes hospitalières de maternité et de néonatalogie sur l’allaitement maternel dans leurs services.
En 2011, j’ai monté mes propres programmes de formation en allaitement maternel pour les professionnels de santé, les consultants en lactation et les associations de soutien à l’allaitement maternel. Ces programmes de formation se sont complétés d’une formation pour les consultants en lactation qui souhaitent s’installer en libéral en 2013.

En 2012, j’ai sorti un livre auquel je tenais beaucoup : un guide pratique pour les femmes qui allaitent et reprennent le travail, Allaiter et reprendre le travail chez Chronique Sociale. Ce genre de guide n’existait pas et la seule ressource pour les femmes était mon blog A tire d’Ailes. Mais lire un livre, c ‘est quand même plus facile que de fouiller dans les archives d’un blog.

En 2012, les éditions Leduc.s m’ont demandé d’écrire un guide complet sur l’allaitement, de la grossesse au sevrage qui soit à jour des dernières recherches et surtout qui ne cherche pas à influencer les femmes dans leur décision d’allaiter ou non. J’ai été très heureuse d’écrire ce livre. Là encore aucun livre ne répondait à ces critères et j’ai pris beaucoup de plaisir à réaliser cet ouvrage dans l’idée d’un respect total des décisions de chaque famille tout en leur permettant de faire un choix éclairé. C’est déjà ce que je fais dans ma pratique quotidienne et le transmettre dans un livre était un vrai challenge. L’Allaitement Malin est sorti en 2013.

J’ai commencé à donner des conférences sur l’allaitement en 2010. J’aime beaucoup cet exercice qui nécessite de bien maîtriser son sujet pour pouvoir créer un échange avec le public. Donner des conférences m’amuse énormément, c’est pour moi la partie « fun » de mon métier.

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La création du Centre allaitement Véronique Darmangeat

En 2016, j’ai été forcée de revoir ma façon de travailler : j’avais trop de demandes de consultations pour pouvoir y répondre suffisamment rapidement. Si je ne changeais pas ma façon de travailler, j’allais perdre ma clientèle qui ne souhaitait pas attendre pour une consultation d’allaitement, forcément urgente.
J’ai alors demandé à deux autres consultantes en lactation de travailler avec moi. Quelques mois plus tard, j’ai enfin trouvé les locaux me permettant de créer un Centre allaitement, mon rêve depuis de nombreuses années : je voulais créer un lieu au sein duquel tous les problèmes d’allaitement pourraient être pris en charge.
J’ai donc ouvert un espace regroupant des consultantes en lactation certifiées IBCLC, une ostéopathe, une psychologue, un ORL (pour les problèmes de freins de langue). J’y propose également la formation pour les professionnels de santé.

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Ce qui me fait vibrer

Mes enfants m’ont un jour demandé si je ne m’ennuyais pas à voir toujours les mêmes situations en consultation et à dire toujours les mêmes choses. Mon métier ne devenait-il pas ennuyeux ?
En fait, je ne m’ennuie jamais car je suis passionnée par les relations que je crée avec les familles que je suis : être à l’écoute des attentes (formulées ou non), faire des propositions adaptées à chacun, savoir m’adapter à chaque femme, chaque bébé, c’est un bonheur qui se renouvelle à chaque consultation.

Mon métier me fait vibrer : je relève des défis que je n’aurais jamais imaginés il y a 15 ans, je rencontre des personnes formidables, j’apprends en permanence (et j’aime par dessus tout apprendre), je me sens exactement à ma place, je m’amuse et je me fais parfois peur mais le bonheur de surmonter les difficultés est immense.
J’ai réalisé il y a peu que je travaille en moyenne 65 à 70 heures par semaine. C’est beaucoup mais cela ne me pèse pas, j’aime le métier que je me suis créé !

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Dernière mise à jour : 5 juin 2017 par Véronique Darmangeat.